RIVAROL (Antoine de). Douze pensées de Rivarol. GLM, 1968

RIVAROL (Antoine de). Douze pensées de Rivarol. GLM, 1968

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    Exemplaire à l'état de neuf

Intérêt
12 pensées en feuilles sous chemise, tirées des écrits d'Antoine de Rivarol, dans une édition soignée par Guy Lévis Mano (GLM, 1968) au format 12,3x8,7 cm. Rare.

Rivarol demeure un exemple particulier de ce qu'un Homme se définit davantage par ses idées que par sa naissance, fût-ce sous un régime aristocratique.

L’auteur de ces sentences, un piémontais d’origine modeste (né Rivaroli à Bagnols-sur-Cèze, en 1753) se fit passer sa vie durant pour noble. L’imposteur, qui prenait un malin plaisir à se ranger du côté des réactionnaires, fut présenté à Voltaire et collabora au Mercure de France. Son Discours sur l’universalité de la langue française fut couronné, le 3 juin 1784, par l’Académie de Berlin. Engagé dès 1789 dans le camp des défenseurs de la monarchie, le faussaire émigra en 1792. Il mourut en exil à Berlin.

Voici ce que Chateaubriand écrit de lui, lors de l’émigration, dans ses Mémoires d’Outre-tombe : « Je fus invité à dîner avec mon frère chez le baron de Breteuil ; j’y rencontrai la baronne de Montmorency, alors jeune et belle, et qui meurt en ce moment ; des évêques martyrs, à soutane de moire et à croix d’or ; de jeunes magistrats transformés en colonels hongrois, et Rivarol que je n’ai vu que cette unique fois dans ma vie. On ne l’avait point nommé ; je fus frappé du langage d’un homme qui pérorait seul et se faisait écouter avec quelque droit comme un oracle. L’esprit de Rivarol nuisait à son talent, sa parole à sa plume. Il disait, à propos des révolutions : « Le premier coup porte sur le Dieu, le second ne frappe plus qu’un marbre insensible. » J’avais repris l’habit d’un mesquin sous-lieutenant-d’infanterie ; je devais partir en sortant du dîner et mon havresac était derrière la porte. J’étais encore bronzé par le soleil d’Amérique et l’air de la mer ; je portais les cheveux plats et noirs. Ma figure et mon silence gênaient Rivarol ; le baron de Breteuil, s’apercevant de sa curiosité inquiète, le satisfit : « D’où vient votre frère le chevalier ? » dit-il à mon frère. Je répondis : « De Niagara. » Rivarol s’écria : « De la cataracte ! » Je me tus. Il hasarda un commencement de question : « Monsieur va... ? —Où l’on se bat », interrompis-je. On se leva de table [...]»

La publication de ce volume par GLM en 1968 n'est évidemment pas anodine.




12+1 f. (les Pensées et le justificatif du tirage) sous chemise de couleur grise avec le titre imprimé en noir. Typographie soignée en Garamond corps 10. Un des 225 exemplaires sur cartes blanches et de couleur, tous hors-commerce, du tirage strictement limité et justifié de la main de Guy Lévis Mano. À l’état de neuf.



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