GIRAUDOUX, Jean (29 octobre 1882 - 31 janvier 1944)

GIRAUDOUX, Jean (29 octobre 1882 - 31 janvier 1944)


Intérêt
Écrivain français issu d’une famille de la classe moyenne (son père est employé), Hippolyte Jean Giraudoux (29 octobre 1882 - 31 janvier 1944) effectue de brillantes études en Philosophie, avant de s’orienter vers l’écriture, notamment pour le théâtre. Jeune diplômé, il voyage en Europe et aux États-Unis. Habité dès sa jeunesse par une passion réelle pour la culture allemande, Giraudoux participe à la première Guerre mondiale comme sous-officier. Blessé, puis décoré, il entre dans le corps diplomatique et occupe plusieurs postes à l’étranger. Pendant l’Occupation, il dénonce le Pétainisme, tout en continuant de servir l’État jusqu’à sa retraite prise en janvier 1941. Son rôle et ses prises de positions durant la période sont controversés, notamment en raison d’un écrit posthume, Pleins pouvoirs, dans lequel il manie le concept de « race française » (dans une acception alors répandue et civilisationnelle).


Sorti de l'École Normale Supérieure et une fois passée la formalité du service militaire, Jean Giraudoux devient notamment, durant l'été 1905, le répétiteur de Paul Morand et du fils du prince de Saxe, à Munich, ville où il est inscrit à l'université. Ses voyages l'amènent à découvrir la Serbie, la Hongrie, l'Autriche et enfin Trieste et Venise en Italie. Il se rend aux États-Unis, de septembre 1907 à mars 1908, après avoir obtenu une bourse pour poursuivre ses études à l'Université de Harvard. Mobilisé dans l'infanterie en 1914, Giraudoux obtient le grade de sous-lieutenant, non sans être blessé deux fois. La guerre s'arrête pour lui avec une entrée, par relations, dans les services diplomatiques. Marié en 1921, il a un fils de Suzanne Boland rencontrée quelques années auparavant.

Entre 1927 et 1934, il est à la « Commission d’évaluation des dommages alliés en Turquie » et se consacre pleinement à l’écriture. La connaissance de Louis Jouvet, en 1928, stimule sa création théâtrale (Siegfried).

Devant la montée des nationalismes en Europe au milieu des années 1930, il écrit La guerre de Troie n’aura pas lieu, pièce pessimiste (bien que non dénuée d’humour) qui a pour thèmes le cynisme des politiciens et la différence entre l’Histoire telle que les dirigeants la donnent à connaître au peuple et telle qu’elle s’écrit réellement.

En juillet 1939, Giraudoux est nommé par Daladier « Commissaire général à l’information » et prononce les Messages du Continental, contre la guerre hitlérienne. Ayant suivi le gouvernement à Bordeaux, il est remplacé en mars 1940 par Frossard, et prend sa retraite en janvier 1941.

Giraudoux publie aussi, à la veille de la guerre, un texte à caractère politique, qui a été caractérisé a posteriori de raciste et d’antisémite : « Pleins pouvoirs » (Gallimard, 1939). Il y livre ses conceptions pour l’avenir de la France.


Son rôle exact et ses positions pendant la période de l’occupation ont été controversés à partir des années 1990. Sa passion pour la culture allemande est ancienne : « Nous qui aimons Dürer, Gœthe, nous sommes exilés de l’Allemagne. ». Cependant, dans Armistice à Bordeaux, il s’oppose, phrase par phrase, au second discours de Pétain. On lui propose de quitter la France lors de la débâcle de 1940 : il refuse, arguant de la nécessité de livrer dans le pays « une lutte d’influence avec l’Allemagne ». Son fils unique, cependant, rejoint Londres...

Giraudoux meurt, selon la version officielle, des suites d'un empoisonnement alimentaire en 1943, peu de temps après sa mère qu'il avait rejointe. Louis Aragon a utilisé l'événement en affirmant qu'il était le fait d'un assassinat par la Gestapo : « Pourquoi ? Pas seulement parce que c'est le plus français de nos écrivains, mais certainement aussi pour son activité résistante gardée très secrète et que, pour ma part, j'avais devinée durant le dernier entretien que je devais avoir avec lui, cinq jours avant sa mort ».

Une participation de Giraudoux à la résistance, toutefois, n’est pas avérée et ressemble plus à une réhabilitation a posteriori. Une biographie explorant la question lui a été consacrée par Jacques Body en mai 2004.

La défaite de la France a inspiré à Giraudoux deux écrits qui n’ont paru qu’à titre posthume, le second étant demeuré inachevé : Armistice à Bordeaux (1945) et Sans pouvoirs (1946), édités l’un et l’autre à Monaco.

L'écrivain est enterré au cimetière de Passy à Paris.

1. Œuvre romanesque, récits et nouvelles

  • Provinciales (1909)
  • L'École des indifférents (1911)
  • Lectures pour une ombre (1917)
  • Simon le Pathétique (1918)
  • Elpénor (1919)
  • Amica America (1919)
  • Adorable Clio (1920)
  • Suzanne et le Pacifique (1921)
  • Siegfried et le Limousin (1922), l'œuvre qui lui fit connaître le succès.
  • Juliette au pays des hommes (1924)
  • Bella (1926)
  • Églantine (1927)
  • Aventures de Jérôme Bardini (1930)
  • La France sentimentale (1932)
  • Combat avec l'ange (1934)
  • Choix des Élues (1939)
  • La Menteuse (publié à titre posthume en 1958)

2. Œuvres pour le théâtre

  • Siegfried (1928)
  • Amphitryon 38 (1929)
  • Judith (1931)
  • Intermezzo (1933)
  • Tessa (1934)
  • La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935)
  • Supplément au voyage de Cook (1935)
  • L'Impromptu de Paris (1937)
  • Électre (1937)
  • Cantique des cantiques (1938)
  • Ondine (1939)
  • Sodome et Gomorrhe (1943)
  • La Folle de Chaillot (1945)
  • L'Apollon de Bellac (1947)
  • Pour Lucrèce (1953)

3. Autres

  • Les cinq Tentations de La Fontaine (1938)
  • Pleins pouvoirs (1939)
  • Littérature (1941)
  • Sans pouvoirs
  • Visitations (1947)
  • Or dans la nuit (recueil posthume en 1969)

(Source : cet article contient des informations extraites de la page consacrée à Jean Giraudoux sur Wikipédia ; illustration : photographie d’identité de Jean Giraudoux en 1917.)



Catégorie (1) Contenu éditorial 
 
Mots-clef 1944  Jean Giraudoux  auteur  1882 
Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2011-06-01 15:24:04

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Un des 27 exemplaires sur chiffon héliotrope réservés pour la Société des Bibliophiles de Nice, sous double couverture papier, de l'édition originale de ce texte chez Grasset (collection « Les Cahiers verts », sous la direction de Daniel Halévy).

Essai inspiré par la deuxième guerre mondiale et par la défaite de la France en 1940. Édition originale.

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