Henri Jonquières




Intérêt
Henri Jonquières (1895—1975) est avant tout un éditeur parisien emblématique des années 1920 : Sa maison, fondée en 1922 au numéro 21 de la rue Visconti, à Paris, dans le quartier du Marais où il habite également, doit beaucoup à la formation de typographe qu’il a reçue après-guerre auprès de Georges Crès (ce dernier est aussi devenu son beau-frère).

Jusqu’en 1935, quand ses éditions cessent d’exister à cause de difficultés financières, H. Jonquières édite plus de 160 ouvrages, principalement des illustrés à destination des bibliophiles, le plus souvent en réunissant un artiste de renom et un auteur célèbre. Parmi ceux-ci, voisins ou amis occupent une place privilégiée (Maximilien Vox, Cassandre, Chas-Laborde, Constant Le Breton, Mac Orlan...) Sa collection principale est simplement nommée « Les Beaux Romans » : elle se distingue par une sobre élégance, tant du caractère que de la mise en page ou de l’illustration. Une page de référence lui est consacrée sur le site de la Librairie belge L’oiseau-Lire, à Mons[1].


Site de référence : Henri Jonquières et les éditions Jonquières [2], par Baptiste Essevaz-Roulet (principale source de cette brève notice).



Catégorie (1) Contenu éditorial 
  Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2012-01-25 00:55:32

Recommandations

L’Ensorcelée est le premier roman d’une série qui va suivre, et dont les guerres de la Chouannerie seront le théâtre, quand elles n’en seront pas le sujet. L’édition qu’en a donné H. Jonquières en 1922 est illustrée de trente-trois compositions originales de G. Pastré (dont le frontispice), gravées sur bois. Un des 1100 exemplaires sur vélin de rives du tirage limité et justifié.

Avec ce roman de Rémy de Gourmont qui a paru en 1907 et dont la traduction en anglais est due à Aldous Huxley, l’éditeur H. Jonquières ajoute à sa collection « Les Beaux Romans » un nouveau titre qui décrit l’état de jeune fille, en particulier le moment du passage à l’âge adulte et à la condition de femme, dans la bonne société de la fin du XIXe jusqu’aux années 1920 (après L’ensorcelée, Mademoiselle Dax ou En ménage.)

Histoire de Mademoiselle Alice Dax, Jeune Fille d'une bonne famille lyonnaise, par Claude Farrère. Ce roman de mœurs, domaine dans lequel son auteur excelle, se distingue par la justesse avec laquelle il dresse le portrait la condition féminine dans la bourgeoisie de province à la Belle Époque. Avec 14 compositions gravées sur bois de L.Schulz (vues de la ville de Lyon.)

Roman d’anticipation du Comte Villiers de l’Isle Adam, L’Eve future a paru en 1925 dans la collection « Les Beaux Romans », chez Henri Jonquières. L’illustration en noir de cette édition au tirage strictement limité et justifié, comme d’habitude très soignée, est due à Drouart et se compose notamment d’une dizaine de planches gravées à l’eau forte. Cf. Monod, II, 11252.

L’un des textes les plus estimables de l’écrivain « fin de siècle » Jean Lorrain avait tout à gagner à être réédité par H. Jonquières dans sa bien nommée collection « Les Beaux Romans » (il en est le vingt-cinquième titre). L’illustration de ce Monsieur de Bougrelon (1897), confiée à A. Brodovitch pour une parution en 1928 et constituée de bandeaux et hors-texte gravés sur bois, est comme il se doit une synthèse d’influences cubistes, futuristes et constructivistes, qui porte moins sur les figures que sur la composition. Elle est aussi une des plus belles qui caractérisent ces éditions semi-précieuses de la période de l’Art Déco.