PRASSINOS, Mario




Intérêt
Mario Prassinos (1916-1985) est un artiste-peintre, dessinateur, graveur et artiste du livre français d’origine gréco-italienne, dont l’œuvre très diverse, de style non-figuratif, est caractérisée par l’homogénéité de quelques thèmes centraux (le portrait, l’arbre et le paysage, le supplice…) Il est le frère de l’écrivaine et poètesse Gisèle Prassinos (née en 1920).

Né à Constantinople le 30 juillet 1916, il gagne la France avec sa famille pour fuir les persécutions qui frappent les Grecs d'Asie mineure.

En 1934, sa sœur Gisèle écrit ses premiers textes que publie la revue surréaliste Minotaure. Il rencontre alors, chez Man Ray, les poètes André Breton, Paul Éluard, René Char et Benjamin Péret, puis les peintres Max Ernst, Salvador Dali, Hans Arp et Marcel Duchamp. Il réalise quelques dessins et frontispices pour l’éditeur Guy Lévis-Mano. Prenant ensuite ses distances avec le surréalisme, il expose ses propres portraits (chats, femmes, guerriers) à la galerie Billiet-Vorms, à Paris.

Il obtient la nationalité française en 1939 : engagé volontaire pendant la guerre, il est blessé et reçoit la Croix de guerre. En 1942 il se lie avec Raymond Queneau et entame une riche collaboration avec la Nouvelle revue française, période qui dure jusqu’en 1950 et pendant laquelle il dessine des maquettes de reliures pour des exemplaires de tête, comme Paul Bonet ou Jean Cocteau (Les « cartonnages de la Nrf »). Il réalise encore des gravures pour illustrer des textes de Queneau, Sartre, Apollinaire, Rimbaud et Poe et rencontre Albert Camus ou Jean-Paul Sartre (dont il illustre Le Mur).

Après la guerre, il se tourne d’abord vers le théâtre (il travaille pour le T.N.P. et pour le festival d’Avignon (à partir du premier, en 1947) avec Jean Vilar). Sa découverte de la Provence l’amène, en 1951, à faire l’acquisition d’une maison à Eygalières (Bouches-du-Rhône), comme résidence d’été. Pendant cette période, la nature méditerranéenne, notamment ses arbres, gagne une place nouvelle dans son œuvre. Il réalise plusieurs séries à l’encre et à l’huile : Alpilles (1951-1976), Cyprès (1957-1958), à la suite d’un long séjour en Grèce, dans l’île de Spetsai (1958), puis Arbres (1959,1980-1984), Paysages (1959), Bouquets (1962-1963) et Paysages turcs (1970-1980).

En 1961, il est fait Chevalier des Arts et des Lettres, puis Chevalier de la Légion d’honneur en 1966. De 1962 à 1975, il travaille sur le portrait, thème qui se clôt par la série des Suaires et qui l’amène au Christ. En 1973, il s’essaye à l’écriture et publie Les Prétextats, aux éditions Gallimard. En 1976, lors d’un long séjour à Mycènes, en Grèce, il commence la rédaction de La Colline tatouée : le livre paraîtra aux éditions Grasset, en 1983.

Il meurt dans sa maison d’Eygalières, après avoir travaillé jusqu’à la fin à une nouvelles série, Peintures du Supplice, pour décorer la chapelle Notre-Dame de Pitié, à Saint-Rémy-de-Provence. C’est là que sont exposées les œuvres qu’il a réalisées à partir de 1958 et dont il a fait don à l’État.

Référence

N.B. La majorité des informations et les dates contenues dans la présente notice proviennent de ce site.


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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-04-24 11:45:51