IRIBE, Paul




Intérêt
Dessinateur de mode, décorateur, affichiste, caricaturiste et journaliste Paul Iribe, né Paul Iribarnegaray (1883-1935) à Angoulème, étudie pendant sa jeunesse à Paris, aux Beaux-Arts, tout comme Monvel, Besnard, Georges Lepape ou Charles Martin, autres artistes de sa génération.

Il y fréquente George Barbier et son cousin, Pierre Brissaud. Comme la plupart des dessinateurs de son époque, il fait ses débuts en tant que caricaturiste, dans la revue Le Rire (numéro du 23 mars 1901), puis Frou-frou et L’Assiette au Beurre. Il acquiert une certaine renommée à partir de 1908, en travaillant pour le milieu de la mode. Il réalise alors des dessins pour le couturier Paul Poiret, à savoir dix images des robes créées par ce dernier qui sont ensuite reproduites et colorées au pochoir dans une édition tirée à 250 copies (Les Robes de Paul Poiret, racontées par Paul Iribe, Paris, 1908). Il travaille ensuite pour La Gazette du bon ton (1911-1925), magazine de haute-couture, et réalise de nombreuses publicités sur commande. Sa vie mondaine le conduit à devenir l’amant de Coco Chanel, qu’il épouse et avec laquelle il partage sa vie jusqu’à sa mort prématurée, survenue en 1935.

Parmi les personnalités avec lesquelles il travaille, il faut citer Pierre Legrain, Jeanne Lanvin ou encore Jacques Doucet, lequel lui confie l'installation de son nouvel appartement. En décoration, Paul Iribe crée un motif qui restera un des symboles de la période « Art Déco » : une rose stylisée, qui se trouve à l'origine du « style floral » ou « style de 1925 ». Comme les autres concepteurs de sa génération, il s'inspire très librement des formes néo-classiques de la fin du XVIIIe siècle pour les meubles précieux qu'il dessine, pour rompre avec le roccoco de la période précédente.

Au cinéma, il réalise lui-même quelques films, dont une adaptation de l’œuvre de Gœthe, Le roi des Aulnes. Il est le directeur artistique pour Cecil B. De Mille sur la première version (muette) des Dix commandements. Enfin, il publie lui-même deux revues : Le Mot, en collaboration avec Jean Cocteau, et Le Témoin, un hebdomadaire d’opinion au ton satirique dans lequel il dénonce avec férocité et non sans mépris les abus politiques des années 1930 (le titre avait déjà paru avant la guerre). Il y stigmatise notamment une France qui se débat entre l’aile gauche révolutionnaire communiste et l’aile droite fasciste pour bâtir une société conforme à sa devise de Liberté, égalité, fraternité. La Marianne qu’il dessine le plus souvent violentée par les ennemis de la France emprunte ses traits à Coco Chanel.


Bibliographie et liens


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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2010-04-23 18:37:05