BOURGES, Élémir. Le Crépuscule des dieux. Paris, Librairie Stock, 1950. Broché.

BOURGES, Élémir. Le Crépuscule des dieux. Paris, Librairie Stock, 1950. Broché.

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Intérêt
Édition soignée de cette œuvre romanesque relativement oubliée du XIXe siècle qui a été écrite par un Manosquin. Dans la veine de J.-K. Huysmans et des écrivains de « fin de siècle » (Lorrain, De Gourmont, …) pour lesquels il sera une référence, Le Crépuscule des dieux est ici publié dans la collection « Cent romans français », dont il constitue le 75e volume imprimé sur papier vélin chiffon du Marais (au tirage strictement limité et justifié). Il est illustré d’un frontispice gravé sur bois par Pierre Dubreuil et de bandeaux en tête de chapitre de Livia Dubreuil. Avec une intéressante préface critique de Raymond Schwab et les variantes du texte.


Extrait

Le 25 juin 1866, jour anniversaire de sa naissance, Charles D' Este, premier du nom, duc régnant de Blankenbourg, donna une fête de nuit dans sa résidence de Wendessen. Si menaçant que tout parût, car la guerre venait d' éclater entre la Prusse d' une part, et les états confédérés de l' autre, -où le duc avait pris parti contre la Prusse, -néanmoins ce grave événement, le départ récent de l' armée commandée par le prince Wilhelm, et le deuil, l' angoisse, les larmes, la détresse de tout le duché n' avaient pu surmonter son goût pour le luxe et la magnificence ; outre qu' un mépris si hautain et si affiché de l' ennemi lui semblait d' une âme romaine, et une admirable politique pour donner du coeur à ses sujets.
Dès huit heures, on ouvrit les grilles, et il se porta dans le parc un concours de monde prodigieux. Les avenues resplendissaient de guirlandes de lampions, d' arbre en arbre, à perte de vue. De quadruples cordons de lanternes colorées dessinaient les damiers du parterre, où çà et là, des arcs de triomphe en architectures de feux, arrêtaient la foule par pelotons. Elle était plus épaisse encore autour de la naumachie, du grand-bassin et de la colonnade. Une quantité surprenante de pots de résine et de cassolettes en éclairaient comme au brillant du jour, les effets d' eau de toutes sortes, en bouillons, en gerbes, en nappes, en cascades, et les centaines de jets d' eau dardés jusqu' à la cime des arbres.
Mais où la foule s'entassait, principalement de campagnards à gilet rouge et à tricorne, si serrée qu' exactement parlant, l' on n' y pouvait remuer bras ni jambes, c' était près des abords du château. La façade s' en déployait, dominant sur le parc tout entier, du sommet du plateau qu' elle occupe, qui la montrait jusque fort loin, avec son dôme au haut des airs, surmonté du cheval-passant de Blankenbourg, sa masse toute flamboyante, et le redoublement de lampions de couleur qui marquaient l' entrée principale. De longues files de carrosses arrivant à chaque instant, et dont les plus dorés tiraient de la canaille des tumultes d' admiration, venaient se ranger au perron, que flanquaient deux chimères de pierre. Les invités y descendaient, passaient une antichambre de glaces, et se trouvaient dans l' escalier de la salle de comédie, garni de vases et de plantes rares, et superbement illuminé.
Au pied de ce degré dont les branches formaient un fer à cheval, et adossé à la Tisiphone, une statue de bronze vert, un homme se tenait debout, vêtu d' un habit sang de boeuf, culotte et bas de soie, qui moulaient la maigreur d' un Méphistophélès.




Un volume in-8 broché sous couverture souple ornée d'une vignette à l'encre bleue. Corps imprimé sur papier vélin chiffon. Frontispice gravé. 275 pp. Bon exemplaire.



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Catégorie (2) Texte rare 
 
Catégorie (3) XXe siècle 
 
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Contenu sous droits d'auteur — Dernière mise-à-jour : 2016-12-19 14:07:44